Dans sa chronique, Renaud Dupuy de la Grandrive, directeur de l’aire marine protégée de la côte agathoise, explique combien une plage et ses délaissés sont vivants !
Sous le règne du confinement, on a connu – c’était une première – brièvement la plage dite « dynamique » : praticable uniquement pour les sportifs et les actifs. Désormais, on peut y faire bronzette. Pour autant, ce lieu naturel est plus complexe que la simple image convenue de la plage. Ainsi devrait-on y associer plusieurs formes de plages, dunes et « laisses de mer », elles-mêmes s’ajoutant au dynamisme naturel qui font leur singularité occitane.
Formée de structures minérales telles que du sable aux grains de taille variable, de graviers, voire de galets, la plage est en constante évolution. Les vagues et le vent apportent et reprennent le sable selon la période de l’année. Selon la topographie de la zone et les aménagements à proximité (port, digues…), les flux de sédiments, provenant des fleuves côtiers, Rhône inclus pour le littoral languedocien, peuvent être changés et le profil de la plage s’en trouve ainsi modifié. À cela s’ajoute la laisse de mer – ce qui, littéralement, est laissé par la mer sur la plage -, autrement dit une accumulation de débits naturels ou anthropiques déposés sur la grève par la houle et les vagues. Ces débris d’algues et de plantes ou algues marines auxquels viennent s’ajouter les restes de plantes terrestres (branches, troncs, feuilles…) qui ont été charriés par les fleuves côtiers jusqu’en mer pour s’accumuler ensuite sur les plages. Les restes d’animaux marins dans la laisse de mer ne sont pas rares : carapaces de crustacés, coquilles de mollusques, œufs de raies, os, méduses… Plus rare en Occitanie, la posidonie (plante marine méditerranéenne) se retrouve sur les plages sous forme de pelotes et de banquettes particulièrement utiles pour lutter contre l’érosion des côtes.


