La Camargue, laboratoire de la transition écologique ?

Si le tourisme est un pan considérable de l’économie camarguaise, il doit néanmoins être compatible avec la préservation d’un environnement fragile. Pour faire cohabiter ces objectifs, les pouvoirs publics locaux travaillent ensemble, par delà les frontières administratives et politiques.

L’effet papillon. C’est une image qui prend tout son sens en Camargue. Un petit changement de rien du tout, et c’est tout l’écosystème qui est déstabilisé. Un peu d’eau douce en moins et c’est toute une série d’oiseaux qui se détournera. Le déboisement fera fuir certaines espèces en même temps qu’il en attirera de nouvelles. L’usage d’un anti-parasitaire chez les taureaux peut mettre à mal toute une chaîne alimentaire.
Sur les terres camarguaises, la nature a pour habitude de se s’accommoder de l’activité humaine, à son choix d’apporter de l’eau douce pour cultiver du riz, de planter des arbres ou d’en retirer, de construire des digues pour se couper de la mer. Mais désormais, face à la montée des eaux elle-même liée à l’érosion et au réchauffement climatique, le devoir d’adaptation revient aussi à l’Homme.
Face à lui : deux options, comme le souligne Jean Jalbert, directeur général de la Tour du Valat, un institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes. « Soit on construit plus de digues, plus hautes, plus résistantes, au risque d’assister à d’immenses catastrophes en cas de rupture de celles-ci. Soit on admet que la nature est plus forte que l’homme et que plutôt que de la combattre, il faut apprendre à travailler avec elle, de surcroît dans une situation de montée du niveau marin. Car la machine est lancée et elle ne s’arrêtera plus même si on parvient à stopper les émissions de gaz à effet de serre ». On le devine, c’est la seconde option qu’il préfère. C’est certainement aussi ce…

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